Volcan Sierra Negra : une randonnée en paysage lunaire

La randonnée au Volcan Sierra Negra est difficile à raconter, elle se vit ! C’est un lieu hors du commun à voir absolument lors d’un séjour sur l’île d’Isabela. Cette fois-ci ce n’est pas la faune incroyable de l’archipel des Galapagos qui nous a laissés sans voix, mais ce paysage d’exception. Néanmoins, depuis notre visite en 2016, l’aspect du lieu a dû être modifié. En effet, le Volcan Sierra Negra figure parmi les volcans actifs de l’île d’Isabela et qui a connu sa dernière éruption en 2018. Quoiqu’il en soit, sa découverte restera gravée dans nos mémoires !

Comment se rendre au Volcan Sierra Negra ?

Il serait possible de faire l’excursion seul car les sentiers sont balisés mais un guide est obligatoire. Il faut donc passer par une agence qui se regroupent toutes au village de Puerto Villamil à Isabela. Les prix sont similaires d’une agence à l’autre mais n’hésitez pas à négocier. Nous avons choisi l’agence Isatourex où nous avons obtenu le tour à 35 $/personne au lieu de 40$. D’une manière générale la journée débute vers 7H, 7H30 pour un retour aux alentours de 14H. Le tarif inclut un service de pick up à l’hôtel, ou alors vous pouvez décider de vous rendre directement sur place.

BON A SAVOIR︱Le repas du midi est aussi inclus mais peu copieux (un mini sandwich, un fruit et une brique de jus de fruit). Nous vous conseillons alors de prendre de l’eau en quantité, quelques barres énergisantes ou de la nourriture supplémentaire. Si la journée est ensoleillée, il fait très chaud et il y a peu d’ombre durant toute la randonnée. De la crème solaire, un chapeau et des chaussures de marche sont donc indispensables. Si vous avez plusieurs jours sur Isabela, regardez aussi la météo. En cas de nuages ou de pluie, vous pourrez quand même y aller (dans ce cas, prévoyez un imperméable) mais la vue ne sera pas forcément au rendez-vous et le sentier boueux.

Deux volcans pour le prix d’un

Depuis Puerto Villamil, nous avons emprunté une route sinueuse sur une vingtaine de kilomètres pour atteindre la zone appelée, « el Cura », 45 minutes plus tard. Une fois notre enregistrement effectué auprès des gardes du parc national des Galapagos, la randonnée a pu commencer. C’est parti pour 16km aller-retour et environ 5h de marche. Dès le départ, un couple d’un certain âge a attiré notre attention car ils n’étaient pas du tout équipés pour faire une marche aussi longue : tenue et chaussures de ville, kaway, parapluie pour se protéger du soleil et surtout pas d’eau. Ne les avaient-on pas prévenu que nous allions randonner sur un volcan ? Nous comprendrons plus tard, que la rando ne se passera pas du tout comme attendu…

✴ Le Sierra Negra, un volcan hors norme

La première partie du sentier traverse une zone de forêt tropicale où la végétation est omniprésente. Le guide nous a fourni quelques explications mais le rythme était soutenu. Il y a une durée à respecter et il faut s’y tenir. Nous n’avons pas pour habitude de nous presser en randonnée, alors nous sommes restés en retrait du groupe. Tant pis pour les explications, nous avons préféré apprécier ce qui nous entourait et prendre notre temps. Bien que le sentier en terre battue soit délimité, il est fortement déconseillé de s’éloigner du groupe. C’est pourquoi, même si nous avons « traîné » un peu, nous l’avions toujours en visuel.

sentier de terre randonnée volcan Sierra negra Galapagos

Au bout de quelques kilomètres à longer la caldera du volcan sans jamais l’apercevoir, nous sommes arrivés à un mirador. Et là, notre souffle s’est coupé ! Il est difficile de retranscrire une émotion telle que nous l’avons vécue ce jour-là. Une mer de lave solidifiée se tenait devant nos yeux, presque à perte de vue. Les nuages venaient lécher le sommet du cratère. La végétation luxuriante était accrochée au bord du cratère puis s’évanouissait dans le champ de lave. Quel spectacle incroyable ! Quelle beauté !

bord du cratère et champ de lave Volcan Sierra Negra Galapagos
caldera du Volcan Sierra Negra Galapagos

La caldera du Volcan Sierra Negra, de forme ovale, est considérée comme la deuxième plus grande du monde avec ses 10 km sur 9 de diamètre et ses 100m de profondeur. C’était un sentiment à la fois merveilleux de pouvoir se tenir là, à la contempler, et à la fois effrayant car le volcan pouvait se réveiller à tout moment. Son immensité nous a fasciné et nous serions bien restés encore un peu pour l’admirer mais le guide nous a annoncé qu’il était temps de reprendre la route vers le Volcan Chico.

couple face au Volcan Sierra Negra Galapagos

✴ Le Volcan Chico, un paysage d’un autre monde

Le Volcan Chico se serait formé suite à des fissures du volcan Sierra Negra, son plus proche voisin. Nous avons quitté un lieu teinté de vert, pour nous retrouver dans un lieu apocalyptique. Une des rares végétations se développant ici, est le cactus candelabre. Nous avons marché sur un sentier fait de roches volcaniques, de coulées de lave solidifiées. Nous avons changé complètement d’atmosphère !

Au fur et à mesure de notre avancée, nous avons pu voir de nombreux tunnels de lave et des cônes parasites sortir du sol. Des quoi ? Ehh bien, pour faire simple, lorsque la lave veut se frayer un chemin vers la surface, il arrive qu’elle dévie du conduit principal. Des cônes parasites sont alors formés. Ils sont assez nombreux et bien visibles. Ce volcan étant lui aussi en activité, nous avons observé des fumerolles se dégageant d’orifices. L’odeur était d’ailleurs très particulière.

orifice avec fumerolles Volcan Sierra Negra et Chico Galapagos

Nous avons évolué dans un décor lunaire aux couleurs sombres puis la roche s’est teintée de rouge, de violet, de jaune, d’orange… Ces couleurs sont associées aux minéraux qui la composent, aux fumerolles, ainsi qu’aux phénomènes d’altérations dûs aux éléments extérieurs. C’était grandiose !

roche volcanique du Volcan Chico et Sierra Negra Galapagos
mosaïques de photos du volcan Chico aux Galapagos

∼ L’île d’Isabela se dévoile

Au bout de quelques heures de marche, le guide nous a informé qu’il était l’heure de prendre notre repas. La vue était à couper le souffle encore une fois ! Un champ de lave se poursuit sur une dizaine de kilomètres jusqu’à l’isthme de Perry. Nous avons appris qu’il a permis pendant longtemps de protéger les écosystèmes du nord de l’île d’Isabela des dommages causés par les espèces introduites (chèvres, chiens, chats…). Malheureusement aujourd’hui, certaines espèces ont réussi à franchir ce champ de lave (dont les roches sont apparemment très acérées) et menacent d’autres espèces comme les tortues. Nous avons dû reprendre le sentier en sens inverse pour regagner le point de départ après avoir vite pris le repas. Et c’est là, que les choses se sont corsées… Nous vous avions parlés d’un couple en début de récit ? Oui et ? Lisez la suite, vous allez comprendre…


L’épopée du retour

La journée était ensoleillée, il y avait peu de nuages et la chaleur était accablante. Heureusement que nous avions prévu 3L d’eau répartis entre nos deux camel bags. Nous n’avions pas une coulée au lave « aux fesses » mais c’était tout comme ! Le retour s’est vraiment fait au pas de courses, c’était hallucinant ! Comme à l’aller, nous sommes restés une centaine de mètres en arrière du groupe parce que nous n’avions a pas envie de courir. A notre avis, l’excursion devrait se dérouler sur une journée complète au lieu d’une demi-journée, cela éviterai ce type de désagrément. Quoiqu’il en soit, bien que le chemin du retour soit le même, nous avons eu une autre vision des lieux.

effondrement roche volcanique Volcan Chico Sierra Negra Galapagos

Puis, nous avons constaté que le couple avait de plus en plus de mal à suivre le rythme, et que le groupe continuait sa folle avancée menée par le guide. Et nous voilà à leur hauteur. Bien entendu, nous n’allions pas les laisser tout seuls, les pauvres ! Nous avons marché à leur côté et essayé de les encourager avec des gestes. Car oui, ils venaient d’Asie et ne parlaient ni anglais, ni espagnol, uniquement leur langue locale. Nous sommes arrivés à rejoindre le mirador du volcan Sierra Negra tant bien que mal mais il restait encore plusieurs kilomètres à parcourir ! Ils étaient épuisés et assoiffés. C’est naturellement que nous leur avons donné les réserves d’eau qu’ils nous restaient. 16km en plein cagnard, ça donne soif !

∼ Et c’est pas fini, nous sommes à mi-chemin…

Nous avons été rejoins par un deuxième groupe d’excursion lors du repas, qui nous a retrouvé sur le sentier du retour. Le guide était surpris que nous soyons seuls alors nous lui avons expliqué la situation. Nous lui avons demandé de prévenir les gardes du parc et le chauffeur de nous attendre (car sinon, nous aurions dû payer un taxi pour retourner en ville). Quelques touristes de ce groupe ont décidé de nous accompagner et nous nous sommes relayés au fur et à mesure pour leur donner à boire et les soutenir ! Heureusement, un véhicule du parc est venu à notre rencontre. En tout cas, même si nous ne comprenions rien à leur langue, nous avons vu leur soulagement et leur regard pleins de reconnaissances quand leur calvaire a pris fin. Ils se souviendront de cette excursion toute leur vie, c’est certain !

Et dans toute cette histoire, vous devez penser « mais où était le groupe? le guide? » ehhh bien, ils étaient tous partis ! Inutile de dire qu’une fois redescendus à Puerto Villamil, nous sommes allés exprimer notre mécontentement à l’agence. Cette dernière a eu du mal à entendre raison, un vrai sketch !

Moralité : ne jamais s’aventurer dans une randonnée si vous n’êtes pas en bonne condition physique (même si celle-ci était peu difficile). Avoir les équipements nécessaires et emporter de l’eau pour s’hydrater.


Hormis ce retour d’excursion plutôt rocambolesque et aventureux, disons-le, ce fut une excursion extraordinaire ! Plonger dans un paysage volcanique, fouler des anciennes coulées de lave, avoir vu une caldera aussi grande, resteront des souvenirs uniques ! Nous en avons pris plein les yeux ce jour-là !

➳ Serions-nous prêts à refaire cette randonnée ? Oui sans hésiter ! Et vous, la feriez-vous ? Amateurs de volcan et de trek, n’hésitez pas à consulter également notre article sur le trek Quilotoa-Isinlivi en Equateur.

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